Construire des pipelines pour stimuler l’économie canadienne

30 janvier 2026

Le Canada se trouve à un moment charnière tout à fait singulier. Les incertitudes géopolitiques continuent de s’accentuer, tandis que nos dirigeants s’interrogent sur les moyens de stimuler l’économie et de créer de la prospérité au pays. Toutefois, si le défi est bien réel, l’un des leviers dont dispose le pays consiste à s’appuyer sur son secteur énergétique et sur l’abondance de ses ressources naturelles.

Le secteur pétrolier et gazier est indispensable à l’économie nationale. À preuve, le Canada est le quatrième producteur de pétrole au monde, l’industrie des sables bitumineux produisant environ 3,5 millions de barils par jour. Le secteur emploie près de 450 000 personnes, verse chaque année des dizaines de milliards de dollars en impôts et redevances aux gouvernements, et a exporté pour plus de 150 milliards de dollars en 20231.

Et les perspectives sont intéressantes pour le Canada, qui s’avère détenir la quatrième plus importante réserve de pétrole au monde. Selon S&P Global, la production issue des sables bitumineux canadiens pourrait atteindre 3,9 millions de barils par jour d’ici 2030.

« Le Canada dispose des moyens nécessaires pour accroître sa production intérieure, et ce, même lorsque le prix du baril est plus bas », indique Kevin Birn, analyste en chef des marchés pétroliers canadiens chez S&P Global Energy. « La majeure partie de la croissance observée aujourd’hui dans l’industrie des sables bitumineux est attribuable à des projets d’optimisation. Ces projets peuvent s’avérer rentables même quand le marché n’est pas favorable, puisqu’ils permettent de répartir les coûts sur des volumes de production accrus. »

Les projections varient, mais la demande mondiale de pétrole n’a pas encore atteint son sommet. Dans ce contexte, le pétrole conservera une place importante dans l’offre énergétique pendant encore de nombreuses années. Le secteur de l’énergie canadien joue donc un rôle clé dans l’avenir énergétique mondial et peut contribuer à concrétiser le potentiel de marchés émergents en Chine, en Inde, au Moyen-Orient et dans plusieurs pays en voie de développement. Or, la capacité actuelle des pipelines ne permet pas d’accéder à ces marchés dans des conditions concurrentielles.

La très vaste majorité des exportations canadiennes de pétrole et de gaz est actuellement destinée à un seul client : les États-Unis2. Bien que cette relation commerciale soit profitable depuis de nombreuses années et demeurera importante, le Canada doit prendre des mesures pour protéger son économie énergétique en diversifiant sa clientèle. La construction de nouveaux pipelines qui permettront d’accéder à des marchés outre-mer s’inscrit dans cette démarche.

« Bâtir de nouvelles infrastructures n’est pas un enjeu qui touche uniquement le secteur de l’énergie », indique Kendall Dilling, président de l’Alliance nouvelles voies. « Cela sert aussi à assurer la stabilité de l’économie, la sécurité nationale et la prospérité à long terme du Canada et de ses entreprises. La construction de nouveaux pipelines peut faire progresser chacune de ces priorités, tout en favorisant l’établissement de nouvelles relations commerciales et en répondant à la croissance de leurs besoins en ressources. »

Les retombées économiques d’un pipeline supplémentaire seraient considérables pour le Canada. Selon les estimations du C.D. Howe Institute, l’agrandissement de l’oléoduc Trans Mountain, achevé en 2024, accroît le produit intérieur brut du Canada de 0,5 %3. L’accès direct aux marchés asiatiques permettrait par ailleurs de réduire la dépendance à l’égard des raffineries américaines et d’obtenir de meilleurs prix sur les marchés mondiaux.

Si l’augmentation de la capacité de transport par pipeline et l’accès à de nouveaux marchés constituent des priorités pour l’industrie, les producteurs canadiens s’emploient également à faire progresser l’innovation et les projets en matière d’environnement qui sont susceptibles de réduire l’intensité des émissions du secteur.

Les membres de l’Alliance proposent la construction d’un réseau de captage et stockage du carbone (CSC) comprenant un pipeline qui, une fois en service, aurait la capacité d’acheminer le CO2 de plusieurs installations de sables bitumineux vers un centre situé dans la région de Cold Lake, en Alberta, où ce gaz serait stocké sous terre de manière permanente. 

Les investissements dans de grandes infrastructures énergétiques constituent un levier essentiel pour renforcer la sécurité économique et énergétique du pays. La construction d’un nouvel oléoduc et le projet de CSC de l’Alliance sont deux investissements structurants capables de soutenir ces objectifs. 

« Démocratie stable, le Canada est bien placé pour accroître son rôle sur les marchés mondiaux de l’énergie. Il produit l’un des pétroles les plus modernes et les plus efficaces au monde et affiche une intensité d’émissions parmi les plus faibles », écrit la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, dans une lettre adressée au premier ministre du Canada, Mark Carney.

Le moment idéal pour investir dans notre avenir et devenir une superpuissance énergétique mondiale est déjà passé. Il n’est pas encore trop tard pour agir, mais il faut le faire maintenant.

  1. Statistique Canada ↩︎
  2. Régie de l’énergie du Canada : Aperçu des exportations de pétrole en 2023 ↩︎
  3. C.D. Howe Institute – Canada Must Accelerate Pipeline Development for National Security, Economic Growth, and National Unity – C.D. Howe Institute (en anglais) ↩︎